Alors que nous débutons une nouvelle année, avec la volonté et l’enthousiasme qui nous sont chers chez EGERIE, c’est aussi l’occasion de formuler des vœux mais surtout de tirer des enseignements de l’année 2020 qui vient de s’écouler. Certes, ce sera une année qui laissera des traces douloureuses, mais elle a aussi permis de révéler des forces et des compétences, d’ouvrir la voie à des développements jusque-là anonymes et d’accélérer des chantiers stratégiques engagés devenus enfin prioritaires.

Elle a suscité une prise de conscience, avec gravité mais justesse des enjeux interconnectés du monde de demain qui se prépare aujourd’hui.

L’année de l’anticipation grâce à la technologie

Les innovations technologiques dites de rupture, vont bouleverser notre quotidien. La cybersécurité se conjugue déjà au temps de la 5G, des algorithmes et très bientôt de l’intelligence artificielle et du quantique.

Ces innovations, prometteuses doivent susciter la confiance et l’acceptabilité pour réussir le pari d’un numérique sûr et porteur de sens.

Nous avons donc la responsabilité de penser des innovations transparentes. Notre cybersécurité , notre souveraineté technologique doivent s’appuyer sur des valeurs éthiques fortes portées et partagées en Europe, notamment autour de la donnée, son utilisation et sa protection.

Ces nouvelles technologies sont un pilier essentiel dans cette perspective d’anticipation. Cela va nous permettre de travailler avec plus de précision, plus vite, cette anticipation des risques. En soutien aux compétences humaines, ces outils nouvelle génération permettront d’avoir une vision du présent et d’émettre des scénarii pour demain. Nos capacités d’anticipation alors renforcées, nous pourrions, à terme, avoir peut-être, un temps d’avance.

L’humain est au cœur de cette innovation technologique de demain, qui doit aussi se penser sous l’angle de l’innovation humaine.

La technologie de demain dépend de ce que l’homme en fera. Ethique by design, éthique des usages et éthique sociétale devront guider l’innovation cyber de demain.

L’année de l’intelligence collective où l’humain reprend sa place

Les menaces cyber vont continuer de s’accroître. Alors préparons-nous, équipons-nous, mais surtout cultivons-nous au numérique, éduquons et formons à l’émergence d’un numérique responsable et sûr.

L’année 2020 a accéléré le développement des usages numériques, tout en favorisant le développement d’une menace déjà bien présente, celle de la cybercriminalité. Entreprises, collectivités locales, services de l’Etat, ménages : tous ont été touché et le seront encore en 2021.

Il va falloir poursuivre nos efforts sur l’information et la sensibilisation de toute la société.

Nous devons sensibiliser les jeunes, séduire les étudiants et les aider à comprendre le monde qui les entoure. Ces étapes sont déterminantes pour inventer le monde d’après. Renforcer le socle de compétences de manière plus approfondie dès l’école primaire, avec au fil du parcours scolaire, un tronc commun et un volet de spécialisation, seront un pilier de cette future société numérique sécurisée et porteuse que nous appelons de nos vœux. Cela permettra de susciter des vocations et de répondre aux enjeux de recrutement importants et d’excellence que connaît cette filière d’avenir.

L’année de la diversité et du numérique inclusif

Dans ce contexte de transformation accélérée où le numérique irrigue notre quotidien, chacun doit pouvoir faire partie de l’aventure, qu’il soit digital native, senior, cadre au cœur d’une métropole ou agriculteur en zone rurale.

Si le numérique peut faciliter le quotidien, il revêt aussi un caractère désormais essentiel : conserver un lien social, poursuivre et maintenir l’activité de son entreprise. Demain, il sera généralisé dans l’accès aux soins et la finance. Nous disposerons tous d’une identité numérique. Effectuer la moindre démarche nécessitera un accès et une maîtrise des outils numériques.

Le numérique de demain se doit d’être inclusif. Chaque citoyen doit disposer des mêmes chances et personne ne doit être laissé sur le bord du chemin.

Le futur réussi de la cybersécurité se conjuguera lui aussi avec la diversité, la mixité et l’intelligence collective.

L’année de la transition numérique et écologique responsable

2021, sera l’année de l’accélération dans la transition numérique responsable associée incontestablement à la transition écologique qui doit nous porter à atteindre des objectifs de décarbonation ambitieux à horizon 2030.

L’ONU recommande en effet que chaque adulte ait un accès abordable aux réseaux numériques, ainsi qu’aux services numériques financiers et de santé. Ceci serait un moyen de contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable. Réduire l’empreinte écologique du numérique est un véritable enjeu auquel nous devons répondre collectivement. Le défi, aujourd’hui, est de mettre la transition numérique amorcée, au service de la transition écologique qui se veut un objectif long terme. Cette convergence est une formidable opportunité́, pour faire des acteurs du numérique et donc de la cybersécurité , l’un des piliers incontournables de l’économie de demain. Cela nous oblige donc à repenser nos rapports aux ressources, en étant plus responsables. Nous devons donner du sens à cette transition numérique en la mettant au service des défis écologiques et en réduisant les coûts environnementaux générés par la circulation massive de données.

L’année aux couleurs de l’Europe

Aujourd’hui, nous assistons à une véritable prise de conscience du potentiel de développement économique à l’échelle européenne lié à la digitalisation. L’émergence d’une stratégie numérique à visée économique est enfin possible. L’objectif du programme Digital Europe qui sera mis en œuvre à compter de 2021 et jusqu’en 2027, doit favoriser l’émergence d’une Europe digitale forte à travers un soutien à une industrie numérique forte, capable de garantir une certaine autonomie et souveraineté européenne. Pour favoriser l’émergence de cette Europe forte et souveraine, il faudra changer de mindset en misant sur l’attribution des moyens financiers et juridiques ainsi que des dispositifs opérationnels mieux adaptés au niveau des menaces auxquelles les entreprises du digital doivent faire face.

2021 devra concrètement mettre l’accent sur l’investissement, sur le décloisonnement public-privé et sur l’interaction des différents acteurs. Le manque manifeste d’investissements dans les technologies cyber européenne est réel, ce qui pèse sur l’autonomie stratégique de l’UE et représente une menace pour ses entreprises.

Les annonces et les actions portées par la Commission européenne qui a fait du numérique l’un des piliers de son programme ouvre la voie à des perspectives prometteuses dans lesquels nous devons nous inscrire et être acteurs.

L’année 2021 : l’année placée sous le signe du collectif

La pandémie actuelle nous prouve une fois de plus que nous devons penser notre approche de façon systémique, globale et collective. Nous devons aujourd’hui développer une culture du partage de l’information, revoir notre compréhension de l’interdépendance des réseaux et revenir sur l’impérieuse nécessité d’une souveraineté sur les domaines stratégiques dont le numérique fait partie. Nous devons bâtir cette souveraineté et cette stratégie au niveau européen et enfin prendre position quant aux risques majeurs encourus de dépendre des solutions ou infrastructures de grands blocs continentaux, qu’il s’agisse de disponibilité, de protection des données ou encore de fiabilité. 

Le numérique est un des maillons forts de notre résilience tant il permet à toute une partie de l’activité de notre pays et du monde de se poursuivre. Mais le numérique révèle aussi à quel point ce sujet est systémique et qu’il serait aisé, tel un château de carte, de faire s’effondrer nos sociétés. Il est donc de notre responsabilité à toutes et à tous de sécuriser cet environnement pour qu’il puisse tenir toutes ses promesses.

Nous disposons aujourd’hui de tous les éléments pour pouvoir répondre collectivement aux enjeux qui nous font face : un socle législatif puissant, des valeurs communes autour de la protection des données notamment, des technologies innovantes et éprouvées de grande qualité, et nous comptons enfin des compétences humaines exceptionnelles.

Cette richesse est disponible. Et la réponse ne sera que collective.

Alors que nous avons traversé en cette année 2020 une crise majeure, sanitaire, humaine, sociale et économique, nous devons accroître et cultiver notre culture de l’anticipation et notre résilience . La sécurité de l’espace numérique exige une nouvelle approche tout autant qu’une adaptation constante. Face aux risques multiples, une réponse globale et collective appuyée sur une vision stratégique s’impose pour renforcer les piliers sûrs de l’activité économique du futur, la confiance et le développement.

Dans ce monde numérique, les enjeux de confiance et d’éthique deviennent un pilier pour bâtir un futur durable et sûr.

Pour réussir ce défi et nous imposer dans la compétition, nous devons constituer une équipe européenne forte et compétitive. L’innovation en cybersécurité nous permettra de penser un futur numérique réussi.

Si l’innovation est bel et bien dynamique en France, les lourdeurs institutionnelles et le manque d’investissement dans les secteurs défense, sécurité et numérique rendent difficile leur passage à l’échelle pour adresser un marché européen et peser sur la scène internationale. La guerre des talents conditionne aussi l’émergence de cette 3e voie européenne. Pour y parvenir, des décisions politiques courageuses sont attendues, sans quoi, nous abandonnerons le cyberespace aux mains des puissances étrangères pour qui, la conquête, a déjà commencé !

Nous devons donc aujourd’hui, collectivement, porter une véritable politique de souveraineté numérique nationale et européenne. Définir le monde que nous voulons demain et assumer enfin de conduire une politique de puissance pour une Europe forte et crédible sur les sujets stratégiques du 21e siècle. 2021 sera une année charnière !

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