Le confinement du début de l’année 2020 a accéléré le développement des usages numériques, tout en favorisant le développement d’une menace déjà bien présente, celle de la cybercriminalité. Entreprises, collectivités locales, services de l’Etat, citoyens : tous ont été touché.

C’est ainsi toute une chaîne d’acteurs qui a un rôle crucial à jouer pour que nous saisissions et développions les opportunités que ce futur numérique nous réserve.

Aussi, plusieurs axes doivent nous paraître prioritaires.

Anticiper. Se préparer. Collectivement.

Sensibiliser et informer toute la société

Cela passe par une sensibilisation large mais ciblée des citoyens aux bonnes pratiques numériques et cyber. Renforcer la maîtrise au niveau individuel permettra de consolider l’ensemble de la société. Au même titre que l’endiguement d’une épidémie, réduire la menace cyber dépend de la sensibilisation et la responsabilisation de chaque acteur. Informer régulièrement le public des avancées du secteur et des nouvelles pratiques qui évoluent rapidement est essentiel. Conscientiser, responsabiliser seront préférables à l’infantilisation et à la pression exercée par une communication basée sur la peur.  

Former et recruter

Renforcer enfin le socle de compétences de manière plus approfondie dès l’école primaire, avec au fil du parcours scolaire, un tronc commun et un volet de spécialisation, seront un pilier de cette future société numérique sécurisée et porteuse que nous appelons de nos vœux. Cela permettra de susciter des vocations et de répondre aux enjeux de recrutement importants et d’excellence que connaît notre filière d’avenir.

Intégrer et diffuser la culture cyber dans l’entreprise

Se doter de compétences humaines – jeunes talents, techniciens, ingénieurs – est un enjeu pour l’ensemble des entreprises afin de structurer les solutions de sécurité de demain, et favoriser une culture de l’anticipation. Intégrer dans nos équipes la jeune génération est aussi une force supplémentaire car ils ont une nouvelle approche, un regard différent sur l’avenir et seront des moteurs clés de cette anticipation.

Les dirigeants et décideurs d’entreprise doivent prendre la mesure de l’enjeu. Ils doivent placer le numérique et la cyber au cœur de la stratégie de l’organisation, et se doter de moyens humains et financiers en capacité de développer cette stratégie qui accompagnera le développement de l’entreprise sur la voie de la croissance.

Placée au bon niveau, cette culture numérique et cyber pourra alors être diffusée dans toute l’entreprise et ne plus être un sujet cloisonné uniquement au niveau du DSI et du RSSI. L’entreprise ainsi renforcée d’une intelligence collective, pourra réduire le champ des incertitudes et anticiper plus aisément la menace autant que les opportunités.

Anticiper grâce à la technologie

Les nouvelles technologies sont un autre pilier essentiel dans cette perspective d’anticipation. Le développement du machine learning et d’outils collaboratifs tels que Egerie Risk Manager permettent de travailler cette anticipation des risques. En soutien aux compétences humaines, ces outils nouvelle génération permettent d’avoir une vision du présent et d’émettre des scénarii pour demain. D’être plus rapide aussi. Grâce au partage d’informations enfin, au travers d’outils collaboratifs, nous avons l’opportunité de renforcer nos capacités d’anticipation qui pourraient, à terme, nous permettre peut-être d’avoir un temps d’avance.

Dans ce combat incessant entre attaquants et défenseurs, disposer de la bonne information au bon moment est décisif.

Mettre l’accent à l’avenir sur l’interopérabilité des outils doit également permettre de fluidifier l’échange d’informations entre les acteurs.

Une coopération renforcée

La coopération doit aussi intervenir à l’échelle de l’Union européenne. Des liens sont déjà établis au niveau institutionnel, ou des CERT par exemple. Le cas Retadup en 2019 avec 850 000 appareils contaminés a marqué une victoire de la Gendarmerie nationale et de la coopération internationale sur la cybercriminalité.

Mais les entreprises européennes ainsi que les utilisateurs finaux, ne coopèrent pas encore assez. La création par le gouvernement du fonds pour l’innovation, doté de 10 milliards d’euros, devrait encourager la co-innovation entre les entreprises au profit d’une sécurité numérique renforcée. C’est un premier pas. Le Campus cyber attendu pour 2021 en est un autre. Gaia-X est un nouveau signal fort qui doit faire de la création de consortiums européens une priorité.

Le monde d’après sera numérique, c’est une évidence. Les avantages seront nombreux et dans tous les domaines stratégiques : santé, éducation, agriculture, écologie. Ce développement à grande échelle nécessite un socle de confiance. Et sans sécurité, pas de confiance. Ainsi, coconstruire un écosystème européen basé sur cette confiance permettra d’anticiper les futures évolutions du numérique et d’appréhender les risques qui en résulteront.

Nous sommes à un tournant majeur, un quitte ou double. Nous pouvons, en anticipant collectivement, développer un futur numérique réussi et ouvrir le champ des possibles ; ou faire mourir nos espoirs en quelques clics.

Profitons de cette période et cette dynamique inédite pour renforcer notre capacité d’anticipation au service d’un commun numérique et européen.

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