Par Jean Larroumets, Président d’EGERIE

Le design thinking, synthèse entre la pensée analytique et la pensée intuitive se veut repenser la façon traditionnelle d’aborder les projets d’innovation, en appliquant la même démarche que celle qu’aurait un designer.
Loin d’être nouvelle, cette méthode de gestion de l’innovation a été élaborée à l’université Stanford aux États-Unis dans les années 1980 par Rolf Faste sur la base des travaux de Robert McKim.
Encore discrète en France, elle s’appuie sur un processus de co-créativité replaçant au cœur des process, l’humain et le collaboratif. Une approche que nous avons déployée en interne chez EGERIE depuis nos débuts.

Pour rappel, le design thinking permet de développer une innovation en répondant à trois principes fondamentaux : la désidérabilité du marché ou des acteurs, la faisabilité technique et organisationnelle et la viabilité économique.

Au cœur de l’innovation expérientielle

Entreprise innovante, l’histoire d’EGERIE illustre les différentes évolutions de l’innovation au cours du temps.
Si notre création fait référence à des préceptes anciens où l’innovation était d’abord conduite par les ingénieurs, guidée par la technologie et son amélioration permanente, nous sommes pour autant bien ancrés dans l’ère d’aujourd’hui qui est celle de l’innovation expérientielle. Cette dernière part de l’observation des besoins et des contraintes, voire des frustrations des utilisateurs finaux. C’est en tenant compte de ces éléments exprimés par le marché que nous avons conçu notre première solution et écrit les premières pages de l’aventure EGERIE, il y a plus de 10 ans maintenant. Plus qu’une méthode, je crois que c’est une philosophie. On peut l’adopter (très facilement) mais elle peut aussi s’imposer à soi. C’est d’ailleurs ainsi que cela s’est passé pour nous.

Cette importance accordée à l’étude de terrain offrant une compréhension, pleine et entière des expériences, est majeure. Et cela tout au long de la vie du produit, de la solution. Nous n’innovons pas pour nous faire plaisir, mais pour répondre à un besoin et pour anticiper ceux de demain en nous appuyant et valorisant les données qui remontent du marché.
Les échanges et le partage d’informations avec nos clients, qui sont finalement plus des partenaires, illustrent pleinement le collaboratif au service de l’innovation qui n’est pas uniquement interne à l’entreprise. Ces relations nous permettent d’être plus performants, agiles et réactifs dans un univers où l’attaque à toujours un temps d’avance, mais surtout de développer et renforcer une véritable culture de la confiance.

Une logique collaborative

À la logique de co-création, de « cross-département » favorisant l’intelligence collective, nous avons parallèlement développé une gymnastique intellectuelle alternant des phases d’intuition et d’analyse où toutes les compétences sont sollicitées et travaillent conjointement. Il n’y a pas de cloisonnement entre les départements R&D, marketing, équipes commerciales ou service client. Chacun fait partie intégrante de la chaîne et peut impulser à son niveau un changement dès lors qu’il dispose de l’information clé qui nous permettra d’être en phase avec le marché.

Cela implique une organisation transversale et non plus verticale et nous amène à établir davantage d’interdisciplinarité au sein de l’entreprise.

Données, humain et technologie : la combinaison gagnante

L’idée que le design ne s’applique pas uniquement aux outils est bien compris par les géants de l’Internet, comme Google, Facebook ou encore Amazon, qui utilisent le design thinking pour mettre au point et améliorer leurs plateformes optimisées pour l’utilisateur en utilisant pour cela les masses de données générées. A l’heure des nouvelles technologies et des objets connectés mais aussi des ruptures qui se présentent dans un futur proche : l’intelligence artificielle, le quantique… cela devrait s’accentuer plus encore.
Toutes ces données générées et collectées représentent une grande valeur dès lors qu’elles sont traitées, sécurisées, analysées et croisées. Elles vont permettre de penser les innovations de demain, de répondre et de s’adapter aux besoins des utilisateurs avec plus de rapidité encore. Les simulations numériques, les scénarii étudiés vont permettre d’adapter les bâtiments de demain aux comportements des collaborateurs, les véhicules de demain aux comportements des conducteurs, et la cybersécurité de demain aux nouveaux risques, profils et stratégies des organisations.
De l’analyse de vos données, de vos risques, de votre profil d’entreprise, de votre stratégie globale, du croisement des données avec celles de l’évolution de la cybercriminalité dans le monde, et des données existantes dans nos bibliothèques enrichies quotidiennement par l’ensemble de la communauté EGERIE, nous pouvons adapter efficacement nos solutions aux évolutions en cours et en devenir. Avec la puissance de calcul du quantique, nous pourrons faire plus et plus vite avec plus de données. Il nous appartient donc de saisir ces opportunités en devenir et d’imaginer des solutions dès aujourd’hui dans un contexte où la relation homme-machine va se renforcer, chacun dans son rôle, pour une association qui pourrait révéler tout son potentiel.
Cela pourrait aussi donner lieu à l’émergence du développement d’outils, de produits et de services, plus responsables, en adéquation avec les besoins réels. Nous pourrions ainsi concevoir un monde plus pragmatique en phase avec son temps et y inclure les notions d’inclusion, de respect de l’environnement et des ressources, et de développement économique responsable et durable.

Naissance du design science

Le design thinking va nous aider à trouver les applications les plus prometteuses. Lui aussi soumis aux règles de l’évolutivité, on parle déjà d’un nouveau concept : le design science…
Encore très marginal en France, il fait déjà des émules au cœur de la jeune génération où l’idée est d’associer designers et scientifiques pour développer des projets innovants répondant aux grands thèmes de société.
L’Université de Paris Saclay forme ainsi au design science et remet depuis 2016 le prix Design & Science. Une démarche prometteuse qui a séduit l’université française classée première au monde en mathématiques dans le classement thématique de Shanghai 2020.
Ce qui me laisse à penser que cette méthode a de beaux jours devant elle tout comme EGERIE qu’il l’a définitivement adoptée !

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